Grosjean matthieu

Qui somme nous

Notre atelier a été créé en 2016. Il est entièrement consacré à la fabrication de miniatures et d'automates mécaniques.

Avant de présenter notre travail, il est important de définir ces deux notions : la miniature et l'automate.

Qu'est-ce qu'une miniature ?

Le mot miniature possède plusieurs significations. Dans notre cas, il désigne :

  • un objet de petite taille ;
  • une reproduction fidèle d'un objet réel réalisée à une échelle réduite.

Une miniature peut représenter un outil, un véhicule, un bâtiment ou tout autre objet. L'objectif est de reproduire le plus fidèlement possible l'original, tout en réduisant ses dimensions.

Les différents types de maquettes miniatures

Une maquette miniature est une reproduction réduite d'un objet réel. Elle peut être fonctionnelle ou simplement décorative.

Les miniatures peuvent représenter :

  • des personnages ;
  • des bâtiments ou des monuments ;
  • des véhicules ;
  • ou tout autre objet.

Certaines maquettes sont entièrement fonctionnelles. Par exemple, il existe des trains miniatures suffisamment grands pour transporter des passagers dans un jardin ou un parc.

Le monde de la miniature ne se limite pas au chemin de fer. On retrouve notamment :

  • le modélisme routier (voitures, camions, motos) ;
  • le modélisme naval (bateaux et navires) ;
  • le modélisme architectural (maisons, bâtiments et monuments) ;
  • le modélisme aéronautique et spatial (avions, fusées, satellites).

Les différentes échelles

Pour reproduire un objet en miniature, on utilise une échelle. Celle-ci exprime le rapport entre les dimensions de l'objet réel et celles de sa reproduction.

On distingue deux catégories :

  • les échelles d'agrandissement, qui permettent de représenter un objet plus grand que sa taille réelle ;
  • les échelles de réduction, utilisées pour créer des miniatures.

Les échelles de réduction

Les échelles de réduction sont généralement notées sous la forme 1.

Dans cette notation :

  • le 1 représente la miniature ;
  • le X indique combien de fois l'objet réel a été réduit.

Par exemple, la tour Eiffel mesure environ 310 mètres.

À l'échelle 1:10, la reproduction mesurerait : 310 ÷ 10 = 31 mètres.

Pour fabriquer une petite tour Eiffel porte-clés, une échelle de 1:10 000 est plus adaptée : 310 ÷ 10 000 = 0,031 mètre, soit 3,1 cm.

Les automates

Le mot automate possède également plusieurs significations.

Dans notre atelier, nous utilisons ce terme pour désigner un dispositif capable de reproduire automatiquement un ou plusieurs mouvements.

Cette définition englobe de nombreux mécanismes, mais notre spécialité est la fabrication d'automates mécaniques, c'est-à-dire d'automates dont le fonctionnement repose principalement sur des composants mécaniques.

Une brève histoire des automates

Peu de personnes le savent, mais les automates mécaniques existent depuis l'Antiquité.

Les Grecs et les Romains concevaient déjà des mécanismes capables d'imiter les mouvements du vivant. Ils réalisaient notamment des oiseaux chanteurs, des fontaines animées ou encore des théâtres mécaniques dans lesquels des scènes entières se déroulaient sans intervention humaine.

Au Moyen Âge puis à la Renaissance, les progrès de l'horlogerie et de la mécanique ont permis la création d'automates toujours plus complexes. Les grandes horloges astronomiques des cathédrales en sont un excellent exemple : leurs personnages animés rythmaient le passage des heures.

Pour faire fonctionner ces mécanismes, différentes sources d'énergie étaient utilisées : l'eau, les contrepoids, les ressorts, le sable ou encore la vapeur selon les époques et les applications.

Le métier de fabricant d'automates

Le métier de fabricant d'automates mécaniques est aujourd'hui peu connu et tend même à disparaître. Cette rareté s'explique notamment par l'absence de formations spécialisées et par la diversité des savoir-faire nécessaires à sa pratique.

Depuis des siècles, les automates sont réalisés à partir de nombreux matériaux :

  • Les métaux : acier, cuivre, laiton, bronze...
  • Les matières naturelles : bois, cuir, tissus, argile...
  • D'autres matériaux : verre, papier, ivoire ou encore os selon les époques.

La fabrication d'un automate ne consiste pas simplement à assembler des pièces. Elle demande des compétences issues de nombreux métiers : mécanique, horlogerie, forge, travail du bois, sculpture, dessin, ajustage ou encore finitions.

Chaque pièce doit être conçue pour fonctionner en harmonie avec les autres. Le fabricant doit anticiper les frottements, l'usure, les contraintes mécaniques et réaliser de nombreux ajustements afin d'obtenir un mouvement fiable et durable.

Le travail manuel

On m'a déjà fait remarquer qu'un objet ne pouvait pas être considéré comme « fait main » parce qu'il avait été fabriqué dans un pays fortement industrialisé.

Cette réflexion soulève une question intéressante : qu'est-ce que le travail fait main ?

Prenons l'exemple d'un boulanger.

Première méthode : il mélange les ingrédients à la force des bras dans un pétrin en bois, façonne la pâte, puis la fait cuire.

Deuxième méthode : il utilise un pétrin mécanique ou électrique pour réaliser le mélange, puis effectue lui-même le reste des opérations.

Troisième méthode : une machine reproduit automatiquement les mêmes gestes toute la journée afin de fabriquer le pain.

Ces trois méthodes produisent du pain, mais elles ne représentent pas le même niveau d'intervention humaine.

 

Pour moi, les deux premières relèvent du travail manuel.

Dans le premier cas, l'artisan travaille principalement avec ses mains et des outils simples.

Dans le second, il s'aide de machines qui facilitent son travail, sans remplacer son savoir-faire.

La troisième méthode repose, quant à elle, sur le principe même de l'automatisation : reproduire inlassablement les mêmes gestes sans intervention permanente de l'homme.

Notre démarche s'inscrit entre les deux premières approches. Nous privilégions le travail manuel, tout en utilisant, lorsque cela est pertinent, des outils mécaniques qui assistent le geste sans le remplacer.

Le choix des techniques : un héritage de l'horlogerie

Ma formation d'horloger m'a naturellement conduit à m'intéresser aux techniques employées entre le XVIIᵉ et le XIXᵉ siècle, une période durant laquelle coexistaient les outils manuels traditionnels et les premières machines-outils.

Cependant, nombre de ces anciens outils ne sont plus fabriqués aujourd'hui. Ils ne se trouvent plus que sur le marché de l'occasion, où ils sont souvent rares et coûteux.

Notre atelier s'inspire donc d'une période beaucoup plus vaste, allant de l'Antiquité jusqu'au XVIIIᵉ siècle.

Nous accordons une place particulière aux techniques de forge. Durant le Moyen Âge, la forge était une étape indispensable à la fabrication des mécanismes d'horlogerie. D'ailleurs, avant de devenir un métier indépendant, l'horloger faisait partie de la corporation des serruriers.

Cette histoire influence encore aujourd'hui notre manière de travailler.

Les outils simples

La forge constitue l'une de nos principales techniques de fabrication.

Comme l'écrivait Denis Diderot au XVIIIᵉ siècle : « Forger, c'est battre sur l'enclume un métal avec un marteau. On forge à froid et à chaud. »

Vous trouverez davantage d'informations dans la rubrique Métiers et techniques.

Notre objectif est d'utiliser, autant que possible, des techniques allant de l'Antiquité jusqu'à nos jours, avec une préférence pour celles héritées de l'Antiquité et du Moyen Âge.

Certaines méthodes anciennes ont très peu évolué au fil des siècles, tandis que d'autres ont été profondément transformées par les progrès industriels.

Lorsque les techniques modernes permettent un gain de temps sans modifier la qualité du travail, nous n'hésitons pas à les employer. En revanche, lorsqu'une technique ancienne apporte un véritable intérêt historique, technique ou esthétique, nous privilégions son utilisation.

Beaucoup d'outils anciens ayant aujourd'hui disparu, une partie de notre activité consiste également à fabriquer nos propres outils.

Cette démarche nous permet d'adapter précisément leur forme, leur poids et leurs dimensions à nos besoins.

Parmi ces savoir-faire figure notamment la fabrication de limes artisanales, un métier aujourd'hui presque disparu.

Les techniques antiques et médiévales