On m'a déjà fait remarquer qu'un objet ne pouvait pas être considéré comme « fait main » parce qu'il avait été fabriqué dans un pays fortement industrialisé.
Cette réflexion soulève une question intéressante : qu'est-ce que le travail fait main ?
Prenons l'exemple d'un boulanger.
Première méthode : il mélange les ingrédients à la force des bras dans un pétrin en bois, façonne la pâte, puis la fait cuire.
Deuxième méthode : il utilise un pétrin mécanique ou électrique pour réaliser le mélange, puis effectue lui-même le reste des opérations.
Troisième méthode : une machine reproduit automatiquement les mêmes gestes toute la journée afin de fabriquer le pain.
Ces trois méthodes produisent du pain, mais elles ne représentent pas le même niveau d'intervention humaine.
Pour moi, les deux premières relèvent du travail manuel.
Dans le premier cas, l'artisan travaille principalement avec ses mains et des outils simples.
Dans le second, il s'aide de machines qui facilitent son travail, sans remplacer son savoir-faire.
La troisième méthode repose, quant à elle, sur le principe même de l'automatisation : reproduire inlassablement les mêmes gestes sans intervention permanente de l'homme.
Notre démarche s'inscrit entre les deux premières approches. Nous privilégions le travail manuel, tout en utilisant, lorsque cela est pertinent, des outils mécaniques qui assistent le geste sans le remplacer.